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 Love is always showing where you least expect it. (bellamy)

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BIG BANG THEORY
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Sujet: Love is always showing where you least expect it. (bellamy)  |  Lun 12 Juin - 21:03

Love is always showing where you least expect it.

Bellamy
&
Andrea

Ca faisait quelques semaines à peine qu'il était à Miami. Il avait même un peu le mal du pays, San Francisco lui manquait. Tout compte fait, il y avait vécu trois ans, seul, avec ses petites habitudes. Son café préféré, là où il aimait s'installer pour bosser ses cours sans se faire emmerder. Son petit coin de plage un peu isolé, loin des touristes. Et son appartement pas bien grand, mais avec des fenêtres immenses qui laissaient entrer la lumière. Disons qu'ici, à Miami, il n'était pas à plaindre, au contraire. L'appartement dans lequel il s'était installé était mieux que son ancien, les plages étaient tout aussi belles, et il y avait des cafés par dizaines. Et évidemment, outre tout cela, ça avait été son choix de venir ici, quitter sa Californie pour le soleil tout aussi brûlant de Miami, et tout ça parce qu'il avait appris que Bellamy se trouvait ici. Il était comme un souvenir presque omniprésent qui s'échappait le temps de quelques heures, quand son esprit était occupé à autre chose, pour revenir dès qu'Andrea avait un instant de vide. Il n'avait jamais oublié Bellamy, n'avait jamais fait le deuil de leur relation non plus. Il avait failli, dans des moments de faiblesse, enfermé avec des gens qui se considéraient être médecins. Mais au final, il n'avait connu personne depuis Bellamy, ne s'était attaché à ce point-là avec personne. Venir ici pour le retrouver, c'était une décision prise sur un coup de tête, impulsivement, alors que c'était loin d'être son genre à Andrea. Il était quelqu'un de calme, de posé, qui aimait prévoir les choses à l'avance et ne rien faire dans la hâte. Mais visiblement, Bellamy avait le pouvoir de secouer tous ses principes et ses habitudes. Et voilà Andrea, perdu dans Miami, seul ou presque, les seuls amis qu'il ait aujourd'hui étant des camarades de l'association dans laquelle il était engagé. Les quelques connaissances qu'il avait pu se faire à l'université ne comptaient pas pour des amis, tant il leur avait peu parlé. Il était venu ici pour retrouver Bellamy, rempli de courage et de fougue sans doute, et voilà qu'il perdait du temps à hésiter. Il savait où le trouver, il avait réussi à avoir l'adresse d'un café où il passait parfois. Il n'aurait qu'à se pointer là-bas et attendre, se pointer encore et encore jusqu'à ce qu'enfin Bellamy vienne commander un café. Maisnon, maintenant, il était mort de trouille. Pourtant, il aimait bien se dire qu'il était fort et courageux, qu'il n'était pas du genre à fuir ou à laisser traîner une situation dans le but que le problème serait plus attrayant d'ici quelques jours. Mais une fois de plus, c'était Bellamy, et rien n'allait exactement dans le bon sens lorsqu'il faisait partie de l'équation. Tout ça, en plus de son emploi du temps un peu chargé, n'avait fait qu'augmenter son stress, et ses médicaments n'y faisaient pas grand-chose. Du coup, il décida de faire ce qu'il avait pourtant abandonné depuis longtemps, mais tant pis. Les cigarettes ne faisaient rien pour lui, et il y avait quelque chose dans l'idée de fumer un joint qui lui rappelait Bell. Peut-être que quelques bouffées embrumeraient son esprits de souvenirs pendant assez longtemps pour qu'il puisse passer quelques heures tranquille et sans se demander comment il allait faire face à Bellamy, ce qu'il allait lui dire... Tout ça. Obtenir le numéro d'un type qui en vendait de la bonne fut facile, le truc le plus simple du monde. A croire que ça faisait partie des rites obligatoires de tout bon étudiant. L'échange par textos fut simple lui aussi, rien qui ne sorte de la norme, rien d'inattendu, tout se déroula exactement comme il pouvait s'y attendre, jusqu'au lieu du rendez-vous. Derrière un restaurant italien, dont l'adresse fut donnée par le dealer auquel il parlait. Andrea partit avec un tout petit peu d'avance, parce qu'il ne connaissait pas encore bien la ville, et qu'il ne voulait pas se perdre et arriver trop tard. Par respect pour ce type qu'il ne connaissait même pas, mais il avait des principes, il aimait être ponctuel. Evidemment, sous le soleil couchant, il avait cinq minutes d'avance, et comme il n'était pas non plus du genre à vouloir être en avance, il acheta un petit truc à manger dans ce fameux restaurant et grignota rapidement. Il était pile l'heure lorsqu'il passa le coin et avança dans la petite rue en direction du type qui attendait là. C'était forcément lui, il n'y avait pas de doute à avoir. Andrea glissa sa main dans la poche gauche de son jean, là où les billets étaient prêts à être échangés. Le mec qui l'attendait était fin, pas très imposant, et c'était surement ses tendances obsessionnelles qui parlaient lorsqu'il se dit qu'il y avait quelque chose de Bellamy dans ce physique et cette façon de se tenir. C'était idiot. Il avança vers lui, et il faisait sombre, le soleil était presque couché désormais. La rue était éclairée par les lumières des bâtiments environnants, et quand Andrea arriva à quelques mètres de son dealer, il ouvrit la bouche pour parler mais s'interrompit avant même de prononcer un seul mot. Le mec venait de relever la tête vers lui, et putain de merde, c'était lui. Ca ne devrait pas être choquant ou surprenant, et pourtant, il était là comme un idiot. « Bellamy... » il articula simplement. Peut-être qu'il hallucinait, que le mec allait froncer les sourcils et le prendre pour un dingue. Mais vraiment, ce n'était pas si incroyable que ça. S'il y avait des dealers à Miami, que Bellamy était à Miami, c'était simplement logique que l'un de ses dealers soit Bellamy. Mais Andrea resta planté comme un con, totalement pris de cours.
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SKINS
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Sujet: Re: Love is always showing where you least expect it. (bellamy)  |  Mer 14 Juin - 19:54

Love is always showing where you least expect it.

Bellamy
&
Andrea

Au début, ç’avait presque paru normal. Au début, je n’avais pas vraiment réagi. Pendant un infime moment, quelques millièmes de secondes tout au plus, j’étais de retour à Tijuana, quatre ans plus tôt. La cicatrice qui me lacérait l’abdomen n’existait plus et je n’étais plus le vieux con aigri que j’étais aujourd’hui. Mes mains ne tremblaient pas par l’effet du manque, car quatre ans plus tôt, j’étais encore un camé qui prenait sa dose régulièrement. C’était un mirage, ou du moins c’est ce que je crus, et je me pris au jeu ; c’était juste un jeune homme qui marchait vers moi, un jeune homme étrangement familier qui lui ressemblait. J’avais tellement espéré que ce rêve imbécile se réalise que j’avais laissé mon imagination faire le reste, pendant cet infime instant hors de toute temporalité. J’avais rembobiné la grotesque ronde du temps sur elle-même, et voilà que j’étais Bellamy, et que là était Andrea. Et ça m’avait semblé normal, ce mirage était tout ce qu’il y avait de plus naturel. Parce que nous l’étions, n’est-ce pas ? Andrea et moi. C’était une évidence, non ? Ces mêmes petites paroles insipides et stupides, que je me répétais niaisement quatre ans plus tôt quand il s’endormait à mes côtés, ces mêmes paroles me revenaient en mémoire. Elles semblaient danser dans mon esprit, tandis que le type approchait. Et je ne me rendis pas tout de suite compte que le mirage n’était rien d’autre que la réalité. Je continuais de croire que ce n’était mon imagination, qu’encore une fois je m’étais fait avoir par la coiffure d’un type ou par un visage juvénile qui me rappelait désespérément celui que j’avais aimé. Après tout, ça n’était pas la première fois que ça m’arrivait. Il suffisait d’un moment d’inattention dans les transports pour que je me remette à imaginer ce que la vie aurait pu être, si Andrea et moi ne nous étions jamais séparés. Évidemment, j’aurais aimé que rien ne se finisse de cette façon, et pourtant, sans cela, Charlotte ne serait jamais venue au monde, et je n’aurais pas connu Hannah - et même si notre histoire était aujourd’hui terminée, j’avais passé de très bons moments avec elle. Et malgré tout, Andrea, toujours lui, me revenait en tête ; qui aurais-je été, où serions-nous ? Des questions qui demeuraient sans réponses, et que je chassais bien vite de mon esprit, généralement. À quoi bon se poser ce genre de questions, quand j’étais persuadé de ne jamais plus le revoir. Ses parents avaient dû le chasser, après ce qui nous était arrivé, ou du moins ils avaient quitté la ville. Depuis, silence radio.

Silence radio, et pourtant il était toujours là, dans un petit coin de ma tête et dans un petit coin de mon coeur. Omniprésent alors que j’aurais tout fait pour m’en débarrasser. C’est sûrement pour cela que je mis un temps fou avant de me rendre compte qu’aujourd’hui, ce n’était pas juste mon imagination. Que non, ce n’était pas encore un de ces putains de mirage à la con qui me fendaient le coeur. Non, aujourd’hui, c’était vrai. Ce gars, avec qui j’avais échangé par sms et qui voulait de la beuh, ce gars c’était lui. Je manquais de perdre l’équilibre, alors que j’étais adossé contre le mur, un simple pull sur le dos et mes lunettes sur la tête. Ouais, j’étais myope d’après le médecin. Et tout sembla disparaître. Ce fut violent, ce moment où je me rendis compte qu’il était bien là, qu’Andrea était là, que je l’entendis m’appeler. C’était sa voix, c’était lui. J’étais déboussolé, et je me redressai, comme instable, puis fis quelques pas en arrière avant de revenir vers lui. C’était lui, c’était son air enfantin et ses éternels cheveux en bataille, c’était lui tout entier. Je crus pendant quelques secondes que c’était le manque, que j’en étais arrivé au stade des hallucinations, et pourtant non ; tout m’indiquait que c’était bien réel. Et je peinais encore à y croire. J’avais tant imaginé cet instant, dans mes rêves les plus extravagant, tout en étant pertinemment convaincu que jamais il n’arriverait. Sauf que si. Et je ne savais pas quoi faire, je ne savais pas quoi dire. Quatre ans avaient passé, cinq depuis notre rencontre. Cinq ans et toujours pareil, je me retrouvais encore comme un couillon à pas savoir quoi dire, quoi faire. J’aurais dû lui dire de dégager, que j’étais passé à autre chose et qu’il pouvait dire à son frère d’aller se faire voir, mais à quoi bon faire semblant ? À quoi bon jouer les durs alors qu’Andrea me connaissait - l’un des seuls qui me connaissait, d’ailleurs ? À quoi bon mettre des barrières, quand de toute façon il les ferait toutes exploser ?

Un petit rire nerveux me secoua, un peu. Presque par instinct, je posai ma main sur mon ventre, là où Hamri m’avait touché. La scène hantait encore mes nuits, et celles de ma mère. Je ne savais pas quoi faire tant la scène me paraissait irréelle. Et ce qui me paraissait encore plus étonnant, c’était cette faiblesse face à lui, comme si je n’étais plus rien, comme s’il n’y avait plus que lui. Cinq ans. Un sourire quasiment niais se dessina sur mon visage, avant de s’effacer, mais je ne pus le retenir très longtemps. J’étais con et je n’aimais pas ça. « Salut » Cela faisait cinq ans que cet abruti d’Andrea était venu m’acheter de la beuh, et cinq ans que je m’étais foutu de lui parce qu’il n’avait pas la tête de l’emploi. C’était il y a cinq ans que ma vie avait été bouleversée. « Hm, tu veux acheter de la beuh, alors ? » Je sortis un pochon de ma poche arrière, et le lui tendis. « Andrea » Je ne savais pas vraiment pourquoi je disais son nom comme un idiot. C’était peut-être la première fois depuis toutes ces années que je prononçais sur nom. Je devais avoir mille questions à lui poser, mais je n’arrivais pas à articuler. Tout cela me semblait encore si… irréel.
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Sujet: Re: Love is always showing where you least expect it. (bellamy)  |  Jeu 15 Juin - 2:18

Love is always showing where you least expect it.

Bellamy
&
Andrea

Peut-être qu'il le rêvait. Oui, ça devait être ça. Il n'avait pas acheté de drogue depuis cette époque-là, depuis ce soir-là, en fait. Il lui était arrivé de fumer, ces dernières années, depuis qu'il était à l'université, mais les joints étaient toujours venus à lui. Pas l'inverse. En fait, la seule fois où il était parti lui-même à leur recherche, ça avait été ce jour où il avait rencontré Bellamy, et les soirs qui suivirent. La drogue avait son goût à lui, de toute façon. Elle n'avait jamais vraiment intéressé Andrea, mais il y revenait parfois parce qu'elle avait son odeur à lui. C'était peut-être un peu triste, que le parfum de la weed soit lié ainsi à Bellamy dans ses souvenirs, mais il s'en foutait. Il avait regardé des potes rouler avec précision et ça lui avait rappelé si distinctement des soirées passées à deux, à moitié nus, dans un nuage de fumée. Puis, le joint entre ses doigts et entre ses lèvres, le picotement déchirant du cannabis, et c'était si facile de rêver des doigts de Bellamy dans son dos, le long de sa colonne, glissant sur sa peau d'un air absent. Il les sentait presque, à chaque fois, et pourtant il n'y avait ni Bellamy, ni les draps, ni leurs corps nus, ni rien d'autre qu'un banc et une bande de potes. Mais la drogue c'était Bellamy malgré tout, et jamais il ne serait capable de penser à autre chose au moment précis où il se pourrissait les poumons. Sans même aimer la sensation d'ailleurs, juste parce que ça avait quelque chose de Bellamy. Mais ce soir, dans cette rue déserte, ça ressemblait tant à cette première soirée, et cette idée-là ne lui vint pas de suite, pas au moment où il marchait, pas au moment où il vit le type et lui trouva quelque chose de familier. Non, le rapprochement lui arriva en plein dans la gueule au moment où il le reconnut. C'était dingue, et très franchement, il aurait pu ne pas y croire, cligner des yeux, se foutre des claques pour se tirer de ce rêve, courir chez son médecin et lui dire que les cachets qu'il lui avait prescrits n'allaient pas du tout et qu'il fallait changer à tout prix. Sauf qu'il sut presque immédiatement que c'était vraiment lui. Ce n'était pas complètement dingue, et c'était le destin, probablement. Andrea y croyait un peu, au destin. Parce que si Bellamy et lui avait eu la chance un jour de se rencontrer, il fallait bien que le destin y soit pour quelque chose. Et maintenant qu'il avait passé des semaines à retarder ce moment, le destin s'en était mêlé. C'était couru d'avance en fait, c'était forcé que quelque chose comme ça se produise. Mais ça n'en restait pas moins impressionnant, renversant, déstabilisant. Il savait très bien que Bellamy était dans le coin, quelque part dans cette ville immense, il était là. Il s'était demandé, pendant des nuits d'insomnie, allongé à fixer le plafond. Qu'est-ce que tu fais, où tu es, avec qui ? Alors, ça faisait définitivement sens de le retrouver là, dans une rue mal éclairée, à dealer de la drogue, tout seul. Ils auraient été cinq ans plus tôt tout aurait été identique. A quelques tatouages près, quelques cicatrices près, quelques centimètres aussi peut-être. Peut-être que d'ici cinq secondes exactement, Andrea apprendrait que tout avait changé en fait. Qu'à part la drogue et la ruelle, rien n'était plus pareil. Que Bellamy était en couple, avec des gamins, et un job, un vrai. Et qu'il ne s'appelait plus Bellamy, qu'il avait changé de nom, pour une raison ou une autre. Peut-être. Mais en tous cas, là, à cet instant exact, tout était exactement comme ce soir-là cinq ans plus tôt. Il prononça son prénom en premier, et le temps s'étira. C'était long et trop court, le temps pour Andrea de repérer chaque petit mouvement, chaque tic, de les reconnaître aussi. Mais bien trop court pour les interpréter ou en penser quelque chose. Un petit rire, léger et à peine perceptible puis si vite avalé. Et un sourire dans le même genre. Une main sur son ventre, et certainement que sans tout le côté hypnotisant de la chose, il aurait fait le lien et ça aurait réveillé le sentiment de culpabilité qu'il avait en lui depuis ce jour-là. « Salut » il lui sortit, comme ça, normalement. Salut. Evidemment. C'était hilarant, c'était tout à fait lui et qu'est-ce qu'Andrea avait bien pu espérer d'autre que ça. Un vieux "salut" tout pourri et pourtant il n'avait jamais aimé ce mot à ce point-là. « Hm, tu veux acheter de la beuh, alors ? » Toujours la même tête à claque. Comme si tout était facile pour lui, même là. Et il avait ce pouvoir, ce truc complètement magique, qui faisait que les doutes et les inquiétudes d'Andrea s'étaient évaporés sans même qu'il ne s'en rende compte. Il s'en foutait des quatre ans creusés entre eux, il n'avait peur de rien. C'était l'effet Bellamy, ça. La tension s'était envolée de ses muscles, et doucement, un sourire en coin s'étira sur ses lèvres. Bellamy lui tendit le sachet. « Andrea » il dit en association à son geste. Ca n'avait même pas de sens, c'était peut-être pour tester, pour voir ce que ça donnait dans sa bouche après tout ce temps. Et ça faisait si longtemps qu'Andrea n'avait pas entendu cette voix prononcer son nom, avec ses intonations particulières, sa façon de placer sa voix, le son si particulier et reconnaissable entre mille. Le sourire sur ses lèvres s'élargit un peu, et il tira hors de sa poche les billets. Ils avaient fixé par texto le prix pour la quantité qu'il voulait, histoire que l'échange se fasse rapidement. Ca n'avait rien de rapide au final, mais tant mieux. Il récupéra doucement le sachet, ses doigts effleurant ceux de Bellamy, son regard ne quittant pas le sien. C'était léger, le contact à peine établi, mais il n'était pas sût de pouvoir en supporter davantage, de toute façon. Andrea déposa  les billets délicatement dans le creux de la main du jeune homme. Et voilà, le deal était conclu, c'était fait, terminé. Le moment où chacun était censé repartir de son côté. Sauf que c'était Bellamy, alors il n'en était pas question. « Tu veux... » il commença, mais s'interrompit. Il allait lui proposer de la fumer avec lui, mais non. Il n'avait plus exactement envie de fumer, et il avait envie d'avoir l'esprit clair surtout. Il ne voulait pas perdre cette soirée précieuse, il voulait être là et complètement là. Il marqua un silence, parce que sa phrase s'était coupée et perdue dans le vide et tout semblant d'éloquence qu'il ait pu avoir venait de se noyer pitoyablement. « Tu m'as manqué » il lâcha finalement, brutalement honnête, parce qu'Andrea n'avait jamais été vraiment du genre à masquer ses sentiments, à mentir, à les dissimuler ou se cacher derrière une épaisse carapace d'indifférence. Il avait la peau dure, mais aussi un peu à force d'assumer les choses, au lieu de les enfermer. Les mots sortirent donc sans qu'il ne passe par quatre chemins, juste comme ça, simplement, et venant droit du coeur. « Tu veux aller bouffer un truc ? » il proposa ensuite, ne s'attardant même pas sur ce qu'il venait de dire et sur l'effet que ses mots pouvaient avoir, et subitement, il retournait à ce qu'il y avait de plus trivial. La drogue, puis la bouffe. Entrecoupées par l'aveu du manque dévorant qui avait pris place pendant quatre longues années sans lui dans sa vie. Aveu assumé et balayé alors que d'un bref coup d'oeil il désignait le restau italien au coin, et recentrait immédiatement son regard sur Bellamy.
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SKINS
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Sujet: Re: Love is always showing where you least expect it. (bellamy)  |  Lun 19 Juin - 0:45

Love is always showing where you least expect it.

Bellamy
&
Andrea

La réalité me mit une grande claque dans la figure. C’était presque dur de voir ce moment, que j’avais tant imaginé et fantasmé, se réaliser, enfin. L’idée de revoir Andrea un jour n’était même plus de l’ordre de l’espoir, à mes yeux, mais du rêve, dans la mesure où il me semblait que jamais plus nos chemins ne se recroiseraient. J’en étais persuadé. Notre amour, si beau, si pur, si indispensable qu’il avait été, nous avait brisé. Je ne regrettais rien de tout ce que nous avions vécu, mais l’amour fut puissant, et la chute terriblement difficile. Il me fallut des mois et des mois pour me reconstruire - et je ne pouvais pas parler pour Andrea, mais je me doutais que la révélation de sa relation homosexuelle n’avait pas du être facile à avaler pour sa famille. La preuve, son frère avait tenté de me tuer. Malgré tout, aujourd’hui, Andrea se tenait devant moi, et ça n’était plus un rêve, ça n’était plus un fantasme ni même un espoir. Après quatre années, j’avais même cessé d’espérer. Oh, la flamme était pendant longtemps restée allumée dans mon coeur. Pendant trop longtemps j’avais espéré, parce que l’espoir est difficile à abattre, il est tenace et combattif. D’aucuns disent même qu’il est impossible d’étouffer sa flamme. Mais je m’étais fait à l’idée. Je m’étais résolu. Andrea était de l’histoire ancienne, un merveilleux pan de mon passé aujourd’hui révolu. Je m’étais habitué à ce trou dans mon coeur, à ce vide dans ma vie. Tout avait été délicieusement douloureux ; douloureux parce qu’il me manquait des réponses, il me manquait une fin, une conclusion, celle que notre relation n’avait jamais connue et qu’on avait cherché à nous imposer ; délicieux, car ce manque était le seul moyen qu’il me restait de me retrouver près d’Andrea, encore une fois. C’était dans mes cauchemars que je le retrouvais ; c’était quand le poignard d’Henri et son visage apparaissaient pendant mes insomnies que celui d’Andrea venait m’apaiser. Son visage, terrifié par l’horrible accident, mais son visage tout de même. Finalement, le temps avait fait son affaire, et j’avais cessé d’espérer. J’avais arrêté de souffrir ; ou du moins, une autre souffrance, douce amère, avait remplacé l’ancienne, lancinante et déchirante. Andrea n’était plus là et s’était habitué à son absence ; j’avais fait mon deuil, avais enterré tout ce que j’avais pu ressentir pour lui dans un petit coin de mon coeur et avais continué mon petit bonhomme de chemin, une plaie toujours ouverte mais ignorée au fond de moi.

Mais tout disparaissait, ou plutôt réapparaissait avec ce visage tendre et juvénile. Toute ma douleur, mes traumatismes et mes appréhensions s’évanouissaient et tout ce que j’avais essayé d’oublier resurgissait avec une puissance infinie et superbe. Quand j’espérais encore, j’avais souvent pensé que le voir revenir dans ma vie me ferait péter un plomb, et que j’allais sûrement m’enfuir, lui renfermer la porte au nez et jamais plus la lui ouvrir. Quel imbécile avais-je été. Comme si j’avais un jour pu résister à son sourire carnassier…! Les années passées disparurent, et c’était comme si tout cela n’avait jamais eu lieu. J’oubliais Hamri, j’oubliais le procès, j’oubliais tout. J’oubliais que plusieurs années s’étaient écoulées et qu’Andrea n’était peut-être pas le même qu’avant, que peut-être avait-il un copain ou une copine pour ce que j’en savais, que peut-être me détestait-il pour avoir détruit sa famille, que peut-être le Andrea que j’avais connu et aimé avait disparu. Plus rien ne comptait, le monde autour de nous semblait s’être évanoui. Je n’y pensais pas, et ce malgré la douleur muette qui me transperçait l’abdomen, résidu d’un traumatisme physique pas vraiment élucidé. Je souriais comme un imbécile et parlais sans trop réfléchir à ce qui sortait de ma bouche, sans filtres, sans rien. Je ne me souciais de rien avec lui, je ne me souciais pas de m’enfuir dans ma carapace. Il était peut-être le seul avec qui j’étais ainsi, complètement moi-même, ou peu s’en fallait, parce que nous avions tout vécu ensemble. Les meilleures choses, comme les pires. Je lui tendais le pochon de beuh qu’il avait commandé, le regardant pendre au bout de mon bras d’un air un peu ébahi et abruti. Pendant tout ce temps, j’avais échangé avec Andrea sans le savoir. Au fond, peut-être avait-il mieux fallu que je n’en sache rien - le contraire m’aurait sûrement fait paniqué. J’aurais réfléchi, je me serais demandé si ça n’était pas un canular, j’aurais tout gâché. Mais là, face à lui, tout s’estompait. Tous mes doutes, mes appréhensions. Rien n’existait plus, si ce n’était lui, et ce même si j’avais toujours l’impression que ça n’était pas vrai, qu’il ne pouvait pas vraiment se tenir là, debout devant moi, à Miami.

Pourtant si, et Andrea tira de sa poche quelques billets qu’il me tendit ; et un frisson me parcourut l’échine quand l’échange se fit et que nos mains se frôlèrent. C’était un contact léger et sans ambiguïté ; je me sentais pourtant indéniablement attiré par lui. J’avais envie de prendre cette main et de ne plus la lâcher, plus jamais, maintenant que je l’avais retrouvé. Je ne fis toutefois rien et n’esquissai pas un geste de plus, me contentant de le regardant avec insistance et un sourire sur le coin de mes lèvres. Il me fallait user de toutes mes forces disponibles pour retenir le sourire béat et niais qui menaçait à tout moment de fendre mon visage. J’étais curieux de savoir ce qu’il allait dire. Car tout était maintenant si similaire à ce moment, cinq ans plus tôt, où nous nous étions rencontrés ; c’était si similaire que ça en devenait enivrant. « Tu veux... » Il me termina pas sa phrase. Un bref regard qu’il porta au pochon me fit comprendre ce qu’était son idée, mais je le connaissais. En vérité, il n’avait pas envie de fumer, parce qu’il n’avait jamais vraiment accroché à la drogue. Je l’avais toujours su, il n’avait jamais apprécié la défonce comme moi. Il avait fumé, quand nous étions ensemble, mais peut-être plus pour me suivre dans mon délire de toxico que pour une autre raison. « Tu m'as manqué » Le sourire niais que je tentais de retenir explosa un peu sur mon visage, et je tâchai de me reprendre rapidement, ne voulait pas passer pour un imbécile devant lui. Mais je lui avais manqué. C’était presque trop beau pour être vrai. Mes derniers doutes s’envolèrent ; parce qu’Andrea avait pensé à moi, parce que peut-être avait-il lui aussi espéré que l’on se revoit un jour. Peut-être ne m’avait-il jamais vraiment trop détesté pour ce que je lui avais fait. « C’est peu dire » me contentai-je de répondre, avec l’air d’un abruti qui tenter de réprimer son sourire d’imbécile heureux, un imbécile pas vraiment prêt à avouer à quel point Andrea avait pu lui manquer - il m’avait fallu plusieurs mois pour m’en remettre, pour retrouver peu à peu le sommeil, et plusieurs années avant de pouvoir ré-entamer une relation normale avec quelqu’un d’autre. Mais ça, je ne serais probablement jamais capable de lui avouer. Pas maintenant, en tout cas, pas si tôt. « Tu veux aller bouffer un truc ? » Je souris, encore une fois, encore un peu plus fort. Parce que c’était naturel, en fait, entre lui et moi, c’était simple. Y’avait pas vraiment gêne. Y’en avait jamais eu en vérité. « Ouais. J’ai la dalle » répondis-je simplement. On se mit en marche, lentement, sans se presser, comme pour faire durer cet instant encore un peu plus longtemps. C’était ce que je voulais, en tout cas. Étirer le temps, profiter de ce moment si précieux à mes yeux. Andrea marchait à côté de moi, et je restai un peu en retrait derrière lui, l’observant silencieusement. Je voulais réaliser pleinement qu’il était là à mes côtés, que sa présence était toute tangible, toute réelle. « J’ai plein de questions à te poser ». Je lâchai ça sans trop réfléchir à ce que je disais. J’avais tellement envie de lui demander ce qu’il avait fait depuis tout ce temps, pourquoi il était là, s’il avait eu d’autres relations… mais j’avais terriblement peur de tout gâcher, de ruiner cet instant si précieux, aussi laissai-je le temps filer encore un peu encore mes doigts. « T’es là depuis quand ? » Nous nous arrêtions devant le restaurant, comme pour s’offrir un dernier moment entre nous avant de voir d’autres personnes. « J’en reviens pas ». Ça m’échappa, encore une fois. Je n’en revenais pas qu’il puisse être là à côté de moi, et un nouveau sourire m’échappa. Le fait que nous étions en public me revint brutalement, et j’essayai de me faire discret. J’étais pas prêt à assumer ça publiquement. « À emporter, je suppose ? ».
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Sujet: Re: Love is always showing where you least expect it. (bellamy)  |  Lun 19 Juin - 22:25

Love is always showing where you least expect it.

Bellamy
&
Andrea

Il ne rêvait pas. C'était bien réel, Bellamy était juste là. Andrea était un peu tétanisé, il ne savait pas quoi faire. S'il devait fuir ? Ce serait l'acte le plus lâche de toute sa vie, mais peut-être que c'était la meilleure solution. Il ne se sentait clairement pas prêt à faire face à Bellamy, d'ailleurs venir à Miami dans l'espoir de le retrouver avait été complètement con, puisque très visiblement il n'avait pas le courage nécessaire pour ça. Au final cependant, son idée de prendre la fuite ne subsista pas bien longtemps, évacuée en un instant par la voix de Bellamy. La dernière fois qu'il avait entendu cette voix, ça avait été au procès, cet affreux procès qui lui avait donné la nausée. Qui opposait sa famille à celle de Bellamy... Ca n'avait aucun sens, parce que pour lui leurs familles n'auraient jamais du ressentir la moindre haine l'une envers l'autre. Etant donné tout l'amour qu'il avait eu pour Bellamy... c'était absurde. Et pourtant ça avait été sa famille, ou plutôt son frère, qui avaient été responsable de la tournure qu'avaient pris les choses. Il y avait souvent repensé, n'arrêtait pas d'y revenir quand sa tête n'était pas occupée à autre chose. Il y avait des dizaines de questions qui le harcelaient encore et auxquelles il n'avait jamais demandé de réponse. Ce que Hamri avait fait avait rompu toute possibilité de lien entre eux, et après cette soirée tragique, Andrea avait simplement cessé d'essayer. Il s'était retranché dans son petit coin à lui, n'avait pas cherché la rébellion ou l'affrontement parce que ça n'aurait servi à rien. Sa famille toute entière était contre lui, pour la première fois de sa vie ils étaient sur son dos, à scruter chacun de ses mouvements. Andrea n'avait jamais été un mec peureux, mais après ce qui était arrivé, son regard ne quittait jamais Hamri lorsqu'ils étaient à moins de quelques mètres l'un de l'autre. Les mouvements brusques et les éclats de voix l'avaient fait sursauter, au début, comme s'il s'attendait constamment à ce que son frère se remette à lui taper dessus. Il n'avait pas ouvert sa gueule une seule fois, on ne lui en avait pas laissé l'occasion, les choses avaient été mises au clair dès le soir-même, alors qu'il était encore sous le choc. Le passage à tabac lui avait fait comprendre rapidement qu'il n'avait pas son mot à dire. Puis, outre Hamri, il y avait son père, qui avait d'abord regardé les choses se passer comme si ça ne lui faisait rien, puis il avait quitté la pièce pour laisser ses fils finir, comme s'il avait voulu s'assurer initialement que les choses seraient bien faites, et qu'une fois la confirmation obtenue, il avait décidé de faire autre chose de sa soirée. Sa mère, Andrea ne l'avait même pas vue ce soir-là, pourtant elle était présente, mais sûrement isolée dans une autre chambre avec son frère cadet. Les jours suivants avaient été calmes, terriblement, et le seul qui tenta une approche, qui chercha à rassurer Andrea, ce fut son petit frère, qui s'installa à côté de lui un soir pour lui dire qu'il n'avait pas besoin d'être triste, qu'il serait à nouveau accepté dans la famille quand il aurait réussi à tuer la maladie. Ca ne rassura pas du tout Andrea. Au contraire. Ce fut une des raisons pour lesquelles il baissa les bras pendant un temps, ne chercha même pas à se battre, resta passif et se laissa faire. Puis il se retrouva dans ce foutu centre, voyait sa famille le weekend et voilà qu'ils prétendaient tous que tout allait bien, que bientôt il serait guéri et de retour parmi eux. Ca lui donnait la gerbe. Il se demandait vaguement comment Hamri avait su, comment il avait su pour eux deux et aussi où les trouver. Il se demandait s'il avait prévu ça depuis longtemps et attendu la bonne occasion, ou si ça avait été un acte impulsif. Il se demandait si ça avait été son père qui avait chargé le jeune homme de s'attaquer à Bellamy, ou si au contraire il n'avait appris que plus tard que son aîné avait tenté de tuer quelqu'un. Il n'avait pas entamé cette conversation avec eux, même après sa sortie, ça n'en valait pas la peine. Mais plus les années passaient et plus il regrettait, plus les questions se faisaient insistantes, comme s'il y avait une clé détenue quelque part dans les réponses. Comme si ça finirait par donner du sens au gros tas de merde qu'avaient été les dernières années de sa vie. N'importe quoi pour sortir de ce flou complètement absurde. Mais voilà que Bellamy était face à lui, et ça ne répondait pas à ses questions, mais c'était un souffle nouveau, frais, une brise qui emportait sur son passage la petite importance qu'avaient pu avoir ces fameuses questions. En attendant en tous cas que de nouvelles se manifestent. Il n'avait pas revu Bellamy depuis le procès mais c'était d'autres images qui lui restaient en tête, marquées au fer rouge. Le soir de la tentative de meurtre. Dans les pires moments, ça lui revenait. Le dernier coup d'oeil vers un Bellamy qui faiblissait, avec la douleur gravée sur son visage, puis le sang sur ses propres bras qu'il n'avait cessé de fixer du regard. Ou dans les meilleurs moments, son sourire, les expressions qui n'appartenaient qu'à lui, les traits de son visage quand ils étaient tous les deux corps contre corps et qu'il n'y avait que du plaisir... Et ce n'était peut-être pas le moment de penser à ça. Il était comme un con avec son sachet de weed qu'il venait d'acheter pour n'en rien faire, et il aurait proposé à Bellamy de la fumer avec lui, mais il n'en avait même pas envie. Et il avait fait trop de choses dans sa vie dont il n'avait pas eu envie, alors il ne comptait pas gâcher ce moment en faisant cette erreur. Tout simplement, il lui lâcha qu'il lui avait manqué. C'était comme laisser tomber la tenson d'un coup et juste autoriser les mots à sortir. Ca faisait du bien, et Andrea repéra le sourire sur les lèvres de Bellamy, ce qui le fit sourire lui aussi. « C’est peu dire » C'était simple, ça ne s'engageait pas trop, c'était un peu trop Bell pour laisser Andrea indifférent. Pour passer à autre chose, un truc plus simple et plus concret, il lui proposa d'aller manger quelque chose. Il n'allait même pas se casser la tête à trouver l'endroit parfait, l'italien à deux pas de là ferait l'affaire. « Ouais. J’ai la dalle » il accepta, et ils se mirent en chemin. Avec les années et les expériences, Andrea avait gagné quelque chose de déterminé dans son pas. La façon de marcher de quelqu'un qui sait où il va et qui veut s'y rendre, et ça contrastait parfois bizarrement avec son air paumé. Surtout là, perdu dans une grande ville qu'il connaissait à peine. Bellamy marchait un peu en retrait, et évidemment qu'il l'avait remarqué, tournant parfois la tête vers lui avec un sourire sur ses lèvres. Pour s'assurer qu'il était bien là et qu'il n'allait pas disparaître dans les secondes à venir. « J’ai plein de questions à te poser » On aurait presque dit un gosse, à lui sortir ça comme ça, et à part sourire comme un con, Andrea ne faisait pas grand chose. Lui aussi il en avait des questions, mais il ne savait pas par où commencer, et quelles questions étaient les bonnes surtout. Tout allait très bien pour l'instant, mais une part de lui savait bien que viendrait un moment, viendrait une question à laquelle la réponse ne serait pas agréable à entendre. Il angoissait déjà, mais faisait de son mieux pour enterrer sa peur. « Ah ouais ? Demande-moi » il dit avec un grand sourire. Il ne savait pas exactement quelles seraient ces questions, peut-être les mêmes que les siennes, et il savait que les réponses ne seraient pas forcément agréables à donner. Mais il avait aussi appris à parler des choses sans trop de tabous. Cependant, Bellamy n'était pas n'importe qui, et lui raconter tout ça à lui serait différent des récits qu'il a pu faire à d'autres personnes. « T’es là depuis quand ? » il demanda alors, et ils s'arrêtaient au même moment devant le restaurant. C'était silencieux, le quartier était calme et sympa mais ce n'était pas un coin fréquenté par les fêtards. Trop loin de la plage, sans doute. Mais dans le restaurant, il y avait du monde, des familles surtout, sagement attablées. Puis juste eux deux là dehors, éclairés par les lumières provenant de l'intérieur du restaurant. « J’en reviens pas » il ajouta, ce qui arracha un énième sourire à Andrea, presque timide, qui baissa un peu le regard. Il savait très bien qu'il rougissait, comme un ado, et pourtant cela faisait longtemps qu'il avait cessé d'en être un. « Ca fait quelques semaines, pas longtemps. J'fais que me perdre dès que je sors de chez moi » il lui répondit avec un léger rire. C'était vrai, il prévoyait toujours des minutes en plus, pour être sûr d'arriver à l'heure, même s'il se trompait de chemin. Ca avait toujours été ça, à chaque fois qu'il s'était retrouvé dans une nouvelle ville, des semaines et des semaines d'adptation pur enfin s'y retrouver à peu près. Trop tête en l'air et obsédé par l'architecture qu'il oubliait de regarder les noms des rues et se perdait. Bellamy était à nouveau un peu tendu, comme s'il sentait une menace ou quelque chose du genre, mais pas non plus alarmé. « À emporter, je suppose ? » C'était le monde, probablement, le fait qu'on puisse les voir et s'imaginer des choses. Ca ne dérangeait plus Andrea, au contraire, il avait développé un goût pour la provocation. Mais tout ça, ça ressemblait tant à Tijuana, pas dans le cadre mais simplement eux deux réunis. L'époque où ils devaient se cacher, où ils n'étaient qu'un vilain secret. Et pourtant ils n'avaient connu que ça et ça avait été merveilleux. Mais ça semblait si lointain, comme si des siècles entiers s'étaient écoulés. Il hocha la tête. « Ouais, ok » souffla-t-il avant de pousser la porte. Au comptoir, ils commandèrent ce qu'ils voulaient. Des spaghettis bolo pour Andrea, parce qu'il avait toujours adoré ça, tout simplement. Dans le restaurant, en attendant leur commande, ils ne dirent pas grand chose. Andrea ne voulait pas que Bellamy soit mal à l'aise, et il préférait attendre qu'ils soient seuls pour qu'ils puissent parler sans se poser de questions et sans être dérangés. Il se contenta alors de le regarder un peu, discrètement, quelques coups d'oeil parfois. Et évidemment quand son regard croisait celui de Bell, il rougissait, souriait, et détournait celui-ci en se mordant un peu la lèvre inférieure. Enfin, le supplice prit fin, et ils quittèrent le restaurant avec leurs plats. « On s'trouve un coin ? » il proposa, tout en commençant à marcher. Il hésita presque à lui proposer de venir chez lui, ils y auraient été tranquilles, et son appartement était confortable et pas loin du tout. Mais c'était peut-être mieux de rester en terrain neutre, sait-on jamais. Ils arrivèrent près de ce qui pouvait ressembler à un parc. C'était plutôt deux pauvres arbres autour desquels on avait foutu un muret, sur lequel Andrea s'assit. Il sortit la boîte en carton et la fourchette et ouvrit le tout pour admirer ses pâtes un instant avant de commencer à les enrouler entour de sa fourchette. « Un type du lycée m'a appelé pour me dire qu'il t'avait vu en ville... et que tu partais pour Miami... du coup j'ai un peu pris mes quelques trucs et j'ai débarqué ici » il décida de lui dire d'emblée. Il avait l'impression de prendre un risque, en lui avouant qu'il était venu pour le trouver, que c'était pour ça qu'il était là. Il avait peur que Bellamy lui dise que ça avait été bête, qu'il aurait mieux fait de continuer sa vie là où il l'avait commencée, que c'était trop tard pour eux deux et que c'était mieux si des centaines de kilomètres les séparaient. « Y'a quelques temps, j'ai appelé, j't'ai cherché, mais personne des quelques gens qui m'restaient là-bas savaient où t'étais » il ajouta ensuite, avant de mettre en bouche sa fourchette surchargée de spaghettis. Tout ça, ça lui donnait faim. Il avait toujours été de ce genre-là, à bouffer plus que nécessaire lorsqu'une situation le prenait de cours. Il vida sa bouche avant de reprendre. « T'étais ici tout c'temps ? » demanda-t-il.
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Love is always showing where you least expect it. (bellamy)

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