Tu fais partie de cette aristocratie aujourd'hui en déclin, à milles lieues de l'exubérance de la East Coast et du tapage de la West Coast. Tu es issue d'une famille immensément riche comme ton patronyme peut en témoigner. C'est donc dans l'opulence que tu as vu le jour, l'après-midi du 21 mars 1991. Mais tu n'es pas arrivée seule ce jour-là. En réalité, Sebastian est né quelques minutes avant toi. A quelques minutes près, il était devenu ton aîné ainsi que le principal héritier de l'immense fortune des Vanderbilt.
Tout ceux vous ayant côtoyer peuvent en témoigner, Sebastian était le feu et toi la glace. Pourtant vos tempérament opposés ne semblaient pas être un obstacle à votre complicité, du moins pas tout de suite. Durant la majeure partie de votre enfance, Sebastian et toi étiez inséparables. Votre activité favorite consistait à martyriser les nourrices chargées de vous garder. Bien sûr, lorsqu'il s'agissait de faire des bêtises Sebastian était le cerveau, tu étais beaucoup plus sage lorsque tu étais seule, mais il pouvait compter sur toi pour l'aider à mettre à exécution les plans les plus diaboliques. Vous étiez des multi-récidivistes , même les punitions à répétitions infligées par vos parents n'y pouvaient rien et surtout vous aviez fait un pacte, celui de ne jamais dénoncer l'autre.
Les années passèrent et bien sûr, vos parents veillèrent à vous inscrire dans les meilleurs établissement, non-mixtes pour la plupart ce qui provoquait à chaque fois votre séparation. Une séparation qui n'altérait en rien le plaisir de vous retrouver chaque vacances. Au fur et à mesure du temps, tu eus l'impression que tes parents s'étaient partagés votre éducation. Ton père, les rares fois où il n'était pas en voyage pour assurer la signature d'un nouveau contrat, focalisait toute son attention sur Sebastian. Lui, le magnat des affaires ne pouvait que s’enorgueillir de pouvoir léguer un jour "les clés du royaume" à son fils. De ton côté, ton éducation était assurée par ta mère qui s'efforçait de t'apprendre les codes du monde dans lequel tu évoluais. Un monde impitoyable dans lequel seul les plus forts et les plus persévérants avaient la chance d'avoir un rôle à jouer.
Tu admirais ta mère autant qu'il t'arrivait de la détester. Tu admirais cet aura qu'elle dégageait, ce contrôle dont elle faisait preuve en permanence. La haute société était un univers dont elle connaissait toutes les ficelles et il te semblait presque impossible d'atteindre un jour, un tel niveau d'excellence. Pourtant, tu ne pouvais t'empêcher de lui en vouloir parfois, d'avoir été une institutrice assidue plutôt qu'une mère. Mère non, elle ne l'avait jamais été. Bien trop occupée à diriger son foyer d'une main de fer dans un gant de velours. Tu en venais presque à envier la relation de Sebastian et de ton père même si celle-ci se compliquait à l'approche de l'université.
Sebastian était un sportif et son palmarès, notamment au Basket-ball lui assurait une place dans n'importe quelle université. Lui semblait déjà avoir choisi l'université de Duke dont il admirait l'équipe et qu'il rêvait de rejoindre pour suivre un cursus sportif. Chose impensable pour ton père qui avait déjà veillé à rencontrer les doyens de l'université de Harvard pour s'assurer que son fils allait bénéficier d'une place dès l'obtention de son diplôme. De ton côté, tu avais envisagé Stanford mais la perpective d'être si loin de ton frère t'avait fait tout remettre en question à quelques semaines de la cérémonie de remise des diplômes.
Et puis le jour tant attendu - et redouté - arriva. Sebastian et toi étiez soudain officiellement fraîchement diplômés. Une nouvelle vie s'offrait à vous, vous décidiez de célébrer l'occasion avec vos amis, conscient que vous voyiez peut-être certains pour la dernière fois.
***
Tu ne garde pas de souvenir précis de cette soirée. Les rares fois où tu as cherché à sonder ta mémoire, tu n'es parvenu à percevoir qu'un vide immense suivi d'un bourdonnement insupportable. L'impression d'avoir les oreilles bouchées, l'impression de sentir le sol se dérober sous tes pieds et les souvenirs qui se brouillent soudain. La mémoire n'en a retenu que quelques bribes : des enjoliveurs. Des morceaux. Une voiture accidentée. Des corps sur la chaussée. Des girophares. Le bruit d'une ambulance au loin. Sebastian. Le froid. Le froid. Le froid. Le néant.
***
Sebastian perdit la vie cette nuit-là. Sa voiture avait été percutée par un jeune chauffard ivre qui rentrait probablement de soirée également. Sebastian était mort sur le coup et toi, cette nuit-là, c'est une partie de ton âme qui s'est déchirée.
Tu n'as jamais pu te remettre de sa mort. Aujourd'hui encore tu as l'impression de vivre avec un trou béant à la place du coeur et tu en ressens physiquement le manque. Cette impression insupportable de ne jamais parvenir à reprendre ton souffle complètement. Tes parents non plus n'acceptèrent jamais sa mort. Surtout ton père qui venait de perdre l'objet de son idôlaterie. Tu en as d'autant plus souffert que tu voyais que le visage de ton père s'assombrissait lorsqu'il se posait sur toi - tu savais qu'il revoyait Sebastian dans tes traits et que cela lui était insupportable au quotidien.
Tes parents auraient dû se soutenir durant cette épreuve. Mais ce fut tout le contraire qui se produisit. Les reproches fusèrent, le mal-être transparaissait. Ce qui les avait lié durant vingt-trois ans s'effritait pour laisser place aux rancoeurs, à la haine puis à l'indifférence la plus totale. Ton père fut le premier à quitter le navire - un départ qui se fit avec perte et fracas.
Ta mère, capitaine d'un navire que tu croyais insubmersible, succomba à l'appel des antidepresseurs. Elle, dont la journée était orchestrée à la minute près, peinait à distinguer le matin de l'après-midi. Quant à toi, tu avais tout bonnement perdu tout repère. Une perte repères qui fut compensée par des efforts redoublés pour renouer avec un certain contrôle, celui de tes émotions, celui de ton corps.
Tu as fini par rejoindre les bancs de l'université de Duke, comme une volonté d'accomplir une partie du rêve de Sebastian. Et pendant près de quatre longues années, tu as cherché à reconstruire un étau de perfection pour te protéger. Tu es sortie de l'université avec un diplôme de communication en poche. Forte d'un répertoire fourni de contacts en tout genre, et d'un nom de famille qui laissait présager le meilleur, tu as crée ta propre agence d'événementiel.
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